Deux chiens, deux cages de fortune, un balcon… et des températures caniculaires.
En juin 2025, Action Protection Animale intervenait pour secourir Rolex et Mirage, deux chiens condamnés à vivre enfermés dans des cages de fortune, dissimulées sous des draps, sur le balcon d’une habitation.
À l’intérieur, ni eau, ni nourriture. Pour seuls horizons, quelques barreaux et les murs d’un balcon. Sous une chaleur écrasante, les deux malheureux passaient leurs journées enfermés, privés de liberté et de soins.


Les photos de leur sauvetage parlent d’elles-mêmes.
Rolex, une chienne dans un état alarmant. Rolex était d’une maigreur inquiétante. Son corps portait les stigmates de ses conditions de détention : des plaies liées à son enfermement prolongé, des griffes démesurément longues et des oreilles mutilées, visiblement coupées de manière artisanale. L’état de ses chaînes mammaires laissait également suspecter une ou plusieurs gestations.


Rolex avait-elle été exploitée pour la reproduction ? L’enquête n’a pas permis de le confirmer. Mais une chose était certaine : cette chienne souffrait terriblement.






À ses côtés, Mirage, un mâle détenu dans une autre cage, présentait un état physique moins alarmant. Mais devait-on pour autant considérer qu’il ne souffrait pas ?

Lui aussi était enfermé. Lui aussi subissait la chaleur, l’isolement et l’absence de soins adaptés. Lui aussi était victime de maltraitance.
Deux chiens sauvés, deux propriétaires poursuivis
Face à ces conditions de vie indignes, Action Protection Animale a immédiatement procédé à la saisie des deux chiens et déposé plainte.
Rolex et Mirage, qui appartenaient à deux détenteurs différents, ont été confiés à l’un de nos refuges partenaires, où ils ont pu recevoir les soins nécessaires et commencer une nouvelle vie.
Depuis, ils sont à l’abri. Loin de leurs cages, loin de la souffrance. Mais pour Action Protection Animale, leur sauvetage ne suffisait pas. Il fallait aussi que leurs détenteurs répondent de leurs actes devant la justice.
Octobre 2026 : le tribunal rend son verdict
Plus d’un an après leur sauvetage, l’affaire a été jugée devant le tribunal judiciaire d’Orléans.
Action Protection Animale était présente à l’audience pour porter la voix de Rolex et Mirage.
Les deux prévenus, pourtant régulièrement convoqués, ne se sont pas présentés.
Lors de ses réquisitions, le ministère public avait demandé la confiscation de Rolex, mais pas celle de Mirage, estimant que son état physique, moins alarmant, ne justifiait pas une telle mesure.
Comment envisager de rendre un chien à celui qui le maintenait enfermé dans une cage, sur un balcon, en pleine canicule ?
Notre avocate s’y est fermement opposée, rappelant que la maltraitance ne se mesure pas uniquement à la maigreur d’un animal ou à la gravité de ses blessures. Et le tribunal l’a entendue.
Des condamnations prononcées, mais des sanctions insuffisantes
Le tribunal judiciaire d’Orléans a reconnu les deux détenteurs coupables.
Concernant le propriétaire de Rolex :
– 4 mois d’emprisonnement avec sursis ;
– 5 ans d’interdiction de détenir un animal ;
– Confiscation définitive de Rolex au profit d’Action Protection Animale.
Concernant le propriétaire de Mirage :
– 1 000€ d’amende, soit 500€ pour chacune des deux infractions ;
– Confiscation définitive de Mirage au profit d’Action Protection Animale.
La maltraitance animale a donc été reconnue par la justice. Mais peut-on réellement se satisfaire de telles sanctions ? En France, les actes de cruauté et sévices graves envers un animal peuvent être punis de 3 ans d’emprisonnement et 45 000€ d’amende (et jusqu’a 5 ans d’emprisonnement et 75 000€ d’amende en cas de forme aggravée).
Nous sommes aujourd’hui bien loin de ces peines maximales.
Quatre mois de prison avec sursis pour l’un. Une simple amende pour l’autre. Une fois encore, nous regrettons que les sanctions prononcées ne soient pas à la hauteur des souffrances infligées.
Leur liberté, notre seule satisfaction.
C’est pour eux, et uniquement pour eux, que nous pouvons nous réjouir.
La maltraitance animale doit être sanctionnée à la hauteur de sa gravité. Tant que les peines prononcées resteront aussi éloignées de celles prévues par la loi, nous continuerons de dénoncer cette insuffisance.
Action Protection Animale poursuivra son combat, sur le terrain comme devant les tribunaux, pour sauver les animaux qui souffrent et faire entendre leur voix.